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5ème réunion de Coordination et de Concertation entre les Institutions et Organisations Régionales de Pêche opérant dans la zone COMHAFAT : la pêche africaine renforce son intégration

5ème réunion de Coordination et de Concertation entre les Institutions et Organisations Régionales de Pêche opérant dans la zone COMHAFAT : la pêche africaine renforce son intégration

Comment l’Afrique peut-elle faire mieux que 7 % de la production mondiale de poisson ? entre
renforcement de la coopération, cohérence des politiques régionales, meilleure définition des rôles, appui à la société civile, des réponses ont été esquissées le 18 février 2019 à Agadir.

Il est temps de créer des mécanismes clairs et pertinents pour la gestion intégrée de nos pêches, et d’y associer les acteurs majeurs que sont les communautés économiques régionales !». Sur ce ton ferme, presque martial, M. Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre ivoirien des Ressources Animales et Halieutiques, en sa qualité de président en exercice de la Conférence ministérielle sur la Coopération halieutique entre les États africains riverains de l’Atlantique (Comhafat), a planté le décor de la cinquième réunion annuelle de coordination de cette institution. Outre les représentants des vingt-deux pays membres, des institutions continentales et sous-régionales, ainsi que des acteurs de la société civile ont été conviés au forum. Le thème des assises en disait long sur l’urgence de la préoccupation : « Renforcer la coopération institutionnelle, en faveur d’une intégration régionale cohérente de la gestion des ressources halieutiques dans la région Comhafat ».
Sous cette formulation revêche en apparence, se cachent des défis majeurs. M. Abdelouahed Benabbou, secrétaire exécutif de la Comhafat, en a égrené quelques-uns : les ravages de la pêche dite «INN» (Illégale, Non réglementée, Non déclarée), la faiblesse des moyens d’intervention des États, la fragilité des accords régionaux, les disparités entre les législations sur la pêche. Ce qui fait l’affaire des pêcheurs en eaux troubles, notamment les bateaux battant pavillon de certains pays puissants, qui surfent entre les mers pour échapper aux lois et aux poursuites. Leur activité constitue une véritable menace pour les stocks de produits, les rentrées de devises, la survie des populations riveraines, la préservation de l’environnement. L’heure est plus que jamais à la mutualisation des politiques, des législations et des moyens pour sauver la pêche africaine et accroître sa contribution à l’essor économique du continent.

Dans cet esprit, certaines initiatives donnent de l’espoir. Il en est ainsi du protocole d’accord signé en juillet 2018 à Nairobi entre la Comhafat et l’Union africaine, via le Bureau Interafricain des Ressources Animales (UA-Bira). Il vise, entre autres, à renforcer par des moyens institutionnels et financiers la coopération Sud-Sud (bilatérale et continentale), et harmoniser la voix de l’Afrique dans les négociations internationales en matière de pêche. Une autre nouvelle réconfortante est venue de la Commission Régionale des Pêches du Golfe de Guinée (COREP) en Afrique centrale. Son secrétaire exécutif, Emile Essema, a présenté les dix-neuf articles de l’Accord de liaison signé en septembre 2015 à Libreville entre la COREP et la Communauté Economique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). En application d’une résolution des chefs d’État, la COREP est reconnue désormais comme unique institution spécialisée en pêche et aquaculture dans la région, avec des coudées franches en matière réglementaire, financière et opérationnelle.
Une synergie que tout le monde souhaite aussi pour l’Afrique occidentale, où l’on note, comme le déplore le consultant Moustapha Kebe, « un grand nombre d’acteurs aux responsabilités mal définies et redondantes ». Un constat confirmé aux assises d’Agadir. Ainsi, M. Malal Sané a déroulé les interventions de la Commission Sous-régionale des Pêches (CSRP), qui regroupe sept pays, dont il est Secrétaire permanent. Cette institution met en œuvre, entre autres, le Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), dont la seconde phase est en négociation. Or, l’on aurait pu mieux comprendre les rôles de l’autre acteur dans la même région, si son représentant n’avait pas raté son vol : le Comité des Pêches du Centre-Ouest (CPCO) du Golfe de Guinée, regroupant six autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Il exécute un autre programme-phare, le Pescao, pour l’amélioration de la gouvernance des pêches.

Heureusement, l’on annonce un rapprochement, bien que timide, entre Csrp et Cpco – la fusion n’est pas encore à l’ordre du jour. Des sons transnationaux et plus concordants viennent de la société civile, d’autant que l’Union africaine a désormais placé les acteurs non étatiques au cœur de ses stratégies de développement des ressources halieutiques. La présidente de l’Association pour le Développement de la Pêche Artisanale (Adepa), Lucie Attikpa-Tetegan, croit dur comme fer que ce réseau qui existe depuis 1992 demeure un levier important pour suppléer l’absence des pouvoirs publics dans la gestion et la promotion des activités de pêche terre à terre, au plus près des populations. L’UA, pour sa part, promet des moyens accrus, à travers la Conférence africaine des ministres de la Pêche et de l’aquaculture (Campa) ; de même que la FAO annonce un renforcement des pouvoirs et des moyens du Réseau des Secrétaires exécutifs des organisations régionales de pêche. La communication apporte aussi sa pierre à cette dynamique d’intégration, par le biais de l’Observatoire des Médias pour une Pêche durable en Afrique (Ompda), créé en 2016 à Elmina (Ghana), et qui totalise déjà plus de cent publications réalisées ou partagées par ses membres sur cette thématique.

Source : Magazine DEFIS ACTUELS

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Austen MOUITY

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