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Pêche : Le calvaire des expatriés

Pêche : Le calvaire des expatriés

Constituant un maillon important de l’économie de la pêche au Gabon, les acteurs expatriés de cette activité éprouvent cependant toutes les peines du monde à être reconnus dans leurs droits.

Il est bien connu qu’au Gabon la pêche artisanale en haute mer est pratiquée par des ressortissants étrangers, principalement Nigérians et Béninois. Illégale au départ, leur activité assure aujourd’hui les deux tiers des captures de poissons du pays. Pourtant, ces «opérateurs économiques» ne sont pas toujours aussi bien lotis qu’on le croit. Comme le soutient Alli Peter Abayomi, pêcheur nigérian établi au Gabon depuis les 70.

«C’est dommage que nous ne sachions pas à quel saint se vouer…. Nous nous disons que nous sommes abandonnés à nous-mêmes, parce que nous avons sollicité toutes les administrations en charge de la pêche pour essayer d’intervenir. Mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu de suivi favorable», a déclaré Alli Peter Abayomi, relayé par l’AFP.

A Libreville, comme à Port-Gentil, les pêcheurs vivent dans des villages posés le long de la mer, à la périphérie de la ville. Des espaces servant à la fois de lieux de vie, ports de déchargement de la pêche, chantiers navals et zones de transformation du poisson. Des terres qui ne leur appartiennent pas cependant, même si beaucoup disposent de permis de résidence.

Régulièrement, en effet, les villages des pêcheurs sont détruits et les communautés expulsées. «La Grande poubelle», du nom de l’ancienne décharge de la banlieue de Libreville, regroupe aujourd’hui près de 3000 personnes. Le site a cependant été déclaré d’utilité publique. Et, tôt ou tard, les pêcheurs devront s’en aller. «Nous dialoguons, nous n’abandonnons pas», a confié Alli Peter Abayomi, par ailleurs chef de la communauté de pêche artisanale nigériane.

Pour la coordinatrice de l’ONG World Conservation Society (WCS), la solution serait de construire des habitations durables pendant 50 ou 90 ans, comme le font les sociétés forestières pour leurs employés. «Cela pourrait permettre à Peter et à ses amis de vivre enfin dans de meilleures conditions», a estimé Floriane Cardiec.

Les autorités gabonaises se résoudront-elles à cette solution ? Une telle issue serait «gagnant-gagnant», vu la part des pêcheurs étrangers dans l’économie de la pêche gabonaise. «Ce sont nos frères pêcheurs d’Afrique de l’Ouest qui constituent la majorité de la main-d’œuvre ici, leur intégration est donc essentielle pour nous», a reconnu le Directeur général de l’Agence nationale de pêche et d’aquaculture (ANPA).

«Nous essayons de rassurer les pêcheurs, nous les accompagnons pour obtenir leur carte de séjour, nous discutons des questions de scolarisation des enfants», a ajouté Georges Mba-Asseko.

Source : gabonreview

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